• 07 Mystère en classe de neige

    Mystère en classe de neige

     

      I Super !

    Yannick était fou de joie. Sa maîtresse, Mademoiselle Le Guillou, venait d'annoncer qu'ils partiraient en classe de neige.

    Des « Ouais ! » et des « Trop bien ! » avaient jailli de toutes les poitrines, accompagnés de plusieurs « Yesss ! », de quelques « Trop d’la balle ! », et même d'un « Put…! » vite étouffé dans la gorge de son auteur…

     Ces cris du cœur provenaient d'Yvon, bien sûr, ce fayot à lunettes et au museau de rat, toujours premier de la classe. Mais aussi de Claire, la timide aux longs cheveux blonds et à la peau laiteuse, qui n'avait pas encore jusqu'à présent osé aligner trois mots de suite sans rougir des oreilles. De Gwénaëlle et Morgane, les deux inséparables. Du gros Pierrick, qui a failli s'étrangler en voulant faire une bulle avec le chewing-gum qu’il mâchait en cachette. De Mohamed, le nouveau, qui ne comprend pas tout, mais possède un pied droit redoutable au foot. Du petit et vif Corentin, que tout le monde surnomme «Fa dièse » parce que, vu sa petite taille, il est tout près du sol (ils avaient étudié ça en musique avec l'intervenant). De la charmante et jolie brune aux yeux verts Thifaine, avec qui Yannick se mariera plus tard, il l'a même annoncé fièrement à ses parents, ne reste plus maintenant qu’à obtenir son accord. De la prétentieuse et hautaine Nadège, dont le papa est millionnaire, ou milliardaire elle ne sait pas trop, mais c'est sûrement une menteuse.

    Et même d'Erwann, qui, l’hiver, hiberne au fond de la classe, près du radiateur, et se réveille aux beaux jours pour rêvasser en pensant aux prochaines vacances !

    Michaël et Anthony, quant à eux, entamèrent une danse zoulou dans la rangée du milieu, comme dans le film que la maîtresse leur avait montré l’autre jour. Sauf qu’eux avaient gardé leurs habits, manquaient de souplesse et avaient un double-décimètre au lieu d’une lance.

    Pépite, lui, poussait des petits piaillements de joie et tournait en rond dans sa cage en tapant des pattes…

    Attention ! Pépite, ce n’est pas un élève puni ! C'est juste le lapin fétiche des CM2, et il participe à tout ce que fait la classe...

     Mademoiselle Le Guillou dit même, pour rire, qu'en mathématiques, il est plus doué que certains parmi ses garnements ! Ce qui est sûr, en tout cas, c’est qu’il fait partie des plus silencieux…

    Mais, à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, n’est-ce pas ?

    La maîtresse a haussé la voix :

    « Yannick ! Cesse d'imiter un babouin d'Afrique australe et sors plutôt ton cahier de correspondance pour écrire la date de la réunion avec les parents… Quant à vous, les deux danseurs, si vous voulez donner une représentation particulière dans le bureau de Monsieur le directeur, pas de problème, je vous accorde l'autorisation !… »

    Les élèves se calmèrent peu à peu. Le directeur n’avait pas la réputation d’être un fervent adepte des danses folkloriques, et il ne fallait pas énerver l’institutrice lorsqu'elle haussait le ton…

    Elle traça alors de belles lettres rondes au tableau, lettres que chacun s'appliqua à reproduire du mieux possible sur son cahier rouge, qui en louchant, qui en se frisant les cheveux avec l’index, qui en tirant la langue, qui en mettant consciencieusement son doigt dans le nez. Les mots avaient rarement été si bien écrits, sauf celui de Pierrick, mais c’est parce qu’Anthony avait fait exprès de lui donner un coup de coude. Le «t » de « signature des parents » commençait donc en bas à droite de sa page et se terminait en haut à gauche, près de la marge.

    Mardi 18 à 20 h 30... Encore dix jours à patienter !…

    Mais déjà les questions fusaient :

    « Maîtresse, est-ce que les garçons dorment dans la même chambre que les filles ?

    - Madame, madame, on fera du ski ?

    - Maîtresse, est-ce que... Mais arrête Julie !... Est-ce qu'on pourra emmener Pépite ?

    - Dites, est-ce qu'on aura classe tous les jours ?

    - Y'aura de la neige ?

    - On fera une chasse au dahu ?

    - On sera quand même pas obligés de se laver tous les jours ?

    - On capte les portables, là-bas ?

    - C'est vrai qu'il y a encore des loups en montagne ?... » 

    La maîtresse souriait et essayait de calmer son monde :

    « Vous verrez, vous verrez ! Le directeur du centre sera là le 18, pour la réunion. Il vous donnera tous les renseignements nécessaires. La seule chose que je puis vous dire, c'est que Pépite devra rester ici. Il craint le froid. Les CM1 le garderont…

    Allez, maintenant, ça suffit, il est l'heure d'aller en récréation, à moins que vous ne préfériez faire une dictée, c'est vous qui choisissez ! » 

      Ce dernier argument fut convaincant. Les élèves sortirent de classe, excités par le séjour qui se profilait, mais un peu tristes tout de même de devoir laisser leur lapin aux petits du CM1… sauraient-ils en prendre soin, eux qui avaient déjà laissé mourir un escargot et deux poissons rouges ?

    *****

    II La réunion avec les parents

               La maîtresse, sourire un peu crispé, habillée comme pour un mariage, sauf le chapeau et le bouquet de fleurs, accueillait les parents à l'entrée du réfectoire transformé en salle de réunion. Ces derniers arrivaient, tranquilles, débonnaires, certains bedonnants, tous emmitouflés car il gelait dehors. Ils jetaient un regard curieux, inquisiteur ou apeuré et commentaient  à voix basse en dévisageant l’inconnu au sourire avenant :

    « C'est lui le directeur du chalet ? Il a les cheveux bien longs ! Tu veux que je lui donne l’adresse de mon coiffeur ?

    - Ca lui serait bien utile ! Et vous avez vu ? Il a un jean tout déchiré ! Un SDF n’en voudrait pas !

    - Je comprends maintenant pourquoi on dit que l’homme descend du singe ! T’as vu comme il est velu ? Il descend directement de son arbre ou quoi ?

    - Remarque, ça ne veut rien dire, il a l'air gentil !

    - J'espère qu'ils les surveillent bien, en tous cas, nos enfants, là-bas !

    - Et qu'ils leur donnent correctement à manger ! Je me demande s'ils ont une diététicienne sur place…

    - Ca m’étonnerait fort qu'ils passent des étoiles ! Et comment on saura s’ils ont progressé à skis ?

    - Vous croyez qu'ils sont connectés à internet, au chalet ? Ils doivent être dans un trou perdu !

    - En tout cas, si mon fils est malheureux, il m’appelle et je vais le chercher illico en hélico… »

    L’après-midi, le directeur de l’école avait solennellement confié le vidéoprojecteur à la maîtresse. On aurait cru qu’on lui arrachait le coeur. Il avait prodigué maints conseils à sa collègue en lui parlant comme à un petit CP, lui montrant comment brancher la prise de courant, mettre l’appareil dans le bon sens et appuyer sur « on ». Mademoiselle le Guillou n’osait rien dire, mais n’en pensait pas moins…

    Ce soir, donc, les enfants étaient tous allongés par terre, sur le ventre, aux premiers rangs. Ils tenaient à ne rien rater du film qui allait être projeté sur l'écran dévolu habituellement aux diapositives sur les rois de France, les coléoptères ou les différents paysages de notre pays.

    Seule Claire était assise bien sagement sur une chaise, entre ses parents.

    Il régnait un brouhaha que la maîtresse n'aurait jamais toléré dans sa classe… Mais il est plus difficile d’obtenir le silence quand ce sont des adultes qui discutent, puisqu’on ne peut pas les priver de récréation !

    Une fois écoulé le « quart d'heure de politesse savoyard », comme il le dit en prenant la parole, le directeur du centre réclama le silence. Il l’obtint en quelques secondes, sous l'œil admiratif de Mademoiselle Le Guillou.

    Puis l’homme des cavernes se présenta. Il s'appelait Christophe (Thibault proposa aussitôt de le surnommer « Totophe ») et, sous ses allures de gros nounours un peu pataud, avait l’air de parfaitement maîtriser son sujet.

    Il éteignit la lumière et commenta un DVD plein de bagarres dans la neige, d'éclats de rire, de chutes à skis, d'enfants qui se brossaient les dents puis allaient calmement se coucher, de veillées et de joyeuses tablées.

    A la fin du film, la maîtresse ralluma tandis que chacun reprenait prestement une attitude plus correcte (Yannick, par exemple, avait fait semblant d’être fatigué pour appuyer sa tête sur le dos de Thifaine). Puis elle s'adressa aux parents :

    « Christophe et moi sommes maintenant à votre disposition pour répondre à toutes vos questions. »

    Là, Anthony a commencé à ne plus écouter car il essayait de se faufiler jusqu'à Michaël pour lui rendre le coup de pied que celui-ci lui avait volontairement donné dans le noir en allant aux WC durant la projection.

    Corentin, qui avait confectionné des boulettes avec son mouchoir en papier et sa salive, recourbait son index sur son pouce pour le transformer en catapulte à la précision toute relative.

    Julie chuchotait un message à l’oreille de son voisin en terminant par un sonore « Fais passer ! » et se faisait gronder par sa maman qui avait compris « Fais pas ch… ».

    Mademoiselle Le Guillou, qui semblait avoir bien chaud tout à coup, suggéra aux élèves d'aller tous jouer sous le préau, loin du réfectoire, si les parents étaient d’accord, bien sûr. Elle recueillit l’unanimité.

    Le papa d'Yvon se proposa de surveiller les chenapans surexcités, « afin d'éviter tout débordement » et l'on sentit que cela soulageait la maîtresse. Elle lui en était visiblement reconnaissante.

    Il faut dire que le géant fait presque aussi peur que le directeur de l'école : il est policier, mesure au moins deux mètres, pèse bien un quintal, est ceinture noire de judo et a une grosse cicatrice sur la joue. Il paraîtrait d'ailleurs, c'est ce qu'il dit en tout cas en dévoilant une dentition acérée à ceux qui eurent l’inconscience de l’interroger, que c'est un indien d'Amazonie qui lui aurait donné un coup de machette alors qu'il explorait la forêt vierge !

    Au signal, les enfants ne se le firent pas dire deux fois. Ils se relevèrent, se bousculèrent et sortirent en courant, un peu comme un troupeau de bisons. Ils étaient déjà trop loin pour entendre les recommandations des mamans :

    « Soyez sages !

              - Mets ton manteau !

              - Tes lacets sont défaits !

              - Va d’abord aux toilettes !

              - Attention ! Il fait noir ! Ne t’éloigne pas trop !

              - Mouche ton nez !... »

    La maîtresse remercia une nouvelle fois le héros intrépide, et donna la parole aux parents tandis que le dompteur rejoignait ses fauves qui avaient pris de l’avance...

    Le papa de Pierrick demanda si les enfants avaient la possibilité de réclamer un peu de rab à la cantine et si les colis de nourriture étaient autorisés.

    La maman de Corentin s'inquiétait :

    « Y aura-t-il des chaussures de ski pointure 30 ? »

    Celle de Morgane exigea calmement mais fermement que sa fille dorme dans la même chambre que Gwénaëlle.      

    Celle de Nadège, bijoux et manteau de fourrure, voulait des explications :

     « Est-ce que le matériel de ski est récent et de bonne qualité ? Est-ce que là-bas, on capte le réseau ? Est-ce qu'il y a des pistes noires ? Parce ma fille, elle, elle a déjà sa flèche de bronze ! Pourront-ils aller sur MSN ? Aura-t-on l’autorisation de leur envoyer des mèls ? »

    Celle d'Anthony s'affolait au sujet du linge sale, du courrier, des avalanches, de l'argent de poche, de la literie, des douches et de la distance chalet - hôpital en cas d'accident, on ne sait jamais.

    Et ajoutait, monopolisant la parole :

    « Est-ce que les routes sont dégagées ? Parce que si le véhicule de service n'est pas équipé de chaînes, un enfant blessé peut mourir sur place ! Je me demande si tout cela est bien prudent… D'ailleurs, est-il possible d'avoir une copie de la police d'assurance du centre s'il vous plaît ? »

    A toutes ces questions, Christophe répondait patiemment, d'une voix grave et rassurante, tandis que la maîtresse le regardait comme s’il était une star d’Hollywood…

    *****

    III Le départ

    Mademoiselle Le Guillou, à l'entrée du car, faisait l'appel.

    « Kévin ?

    - Présent !

    - Du calme, du calme !... Ne va pas te casser une jambe tout de suite !... Prends au moins le temps d'embrasser tes parents !... Attention, tu perds tes provisions !... Oui Madame, ne vous inquiétez pas, j'ai ses médicaments : votre mari me les a donnés...

     Comment ?... Attendez, j'arrive !... Pardon Monsieur !... Je n'entends rien ! Taisez-vous les enfants s'il vous plaît !... Non non Madame, vous serez prévenus dès notre arrivée, ce n'est pas la peine d'appeler. De toute façon, il vous suffira de consulter notre blog pour avoir régulièrement des nouvelles fraîches... »

    Le conducteur, celui qui était au volant (l’autre, qui aidait les parents à charger les valises, était parti se faire soigner chez le gardien de l’école car Thibault, voulant l‘aider, lui avait lourdement fait tomber son sac de trente kilos sur l’orteil) avait l'air effrayé en voyant la meute qu'il devait transporter... Il soufflait comme une locomotive à vapeur. Peut-être la longueur du trajet...

    Pas de chance, il aurait dû normalement emmener aujourd'hui un groupe de « seniors » à Venise, mais un collègue avait attrapé la grippe… Ca tombait toujours sur lui. Quelle poisse ! Dire qu’il n’avait jamais voulu se marier pour ne pas avoir d’enfant ! Pourvu au moins que la maîtresse soit à la hauteur et sache tenir ses garnements ! Il fulminait en criant dans son portable, permettant à chacun de suivre la conversation :

    « Eh oui Marcel ! De nos jours, il faut bien dire qu’il y a une certaine démission des enseignants… Remarque, t’as raison : côté parents, ce n’est pas mieux… »

     Quant aux élèves, ils étaient particulièrement en forme, malgré l'heure tardive. Il faisait assez froid, et il y avait déjà de la buée partout sur les vitres du car. Avec leurs doigts, ils y dessinaient des montagnes et des sapins… Ou la partie anatomique spécifique aux hommes.

    Les multiples provisions préparées par les mamans inquiètes pour le voyage étaient déjà bien entamées, écrasées ou renversées.

    Huong, qui avait bu trois cannettes de soda, avait envie d’aller aux toilettes. Celles du car étaient fermées : le conducteur avait prétendu qu’elles étaient bouchées. Il se tortillait donc en attendant de redescendre du véhicule à contre-courant et courir vers le tronc d’arbre salvateur le plus proche.

    Oumar, dans l’allée centrale, prenait appui sur les accoudoirs des fauteuils et tentait de faire l'équerre comme aux anneaux en gymnastique. Faute de ceinture abdominale performante, il avait besoin d’élan. Il donnait donc de grands coups de pieds dans le vide. Malheur alors aux fesses des kamikazes qui s’approchaient trop près !

    Kévin essayait de faire des tractions en s’accrochant aux casiers à bagages du plafond, tandis que Michaël lui chatouillait les bras pour l’en empêcher.

    Jordan traçait sur la vitre des gros mots remplis de fautes d'orthographe, mais il les effaçait aussitôt avec la manche de son pull car il savait que la maîtresse n’apprécierait pas.

     Certains jetaient  à la dérobée un oeil sur les papas et les mamans qui patientaient dehors, juste avant d'inventer une nouvelle bêtise en toute impunité.

    Deux ou trois chantaient (fort et faux) le dernier tube d’une chanteuse inconnue des plus de quatorze ans. Les yeux fermés, les écouteurs de leur MP4 sur les oreilles, ils dodelinaient de la tête en cadence et donnaient l’impression aux parents restés dehors qu’ils bravaient l’interdiction de mâcher du chewing-gum dans le car.

    Quelques-uns enfin clignaient des paupières plus que de raison, faisaient semblant de chercher quelque chose par terre et en profitaient pour se passer le bras sur les yeux, tandis que d'autres s'absorbaient dans une BD, qu'ils tenaient parfois à l'envers.

    La pauvre Claire, qui avait dû attraper froid en attendant le car, reniflait toutes les cinq secondes. 

    Le véhicule, gros mastodonte endormi, était agité de soubresauts, selon que les enfants se levaient ou s'asseyaient, sur un rythme que n'aurait pas désavoué un danseur de salsa.

     Beaucoup de mamans avaient les yeux rouges et appuyaient langoureusement leur tête sur l'épaule des papas. Tous semblaient las, avec un sentiment mêlé d'angoisse, d'impatience et de soulagement.

    L'avant classe de neige avait en effet été assez sportif dans les différentes familles. L’ambiance était allée crescendo, le point d’orgue étant évidemment atteint au moment des bagages.

    Certains parents, les mains en porte-voix, trouvaient encore la force de crier plus fort que les autres (et que le bruit du moteur du car, resté allumé).

    Avec force gestes, dans un brouhaha nocturne indescriptible qui devait d'ailleurs valoir quelques appels au commissariat du quartier, ces parents bientôt orphelins s’inquiétaient, conseillaient, recommandaient ou ordonnaient :

    « Pense à écrire à mamie Nanette ! Je t’ai mis les trente enveloppes timbrées dans la pochette intérieure de ton sac !

    - Tu écouteras bien la maîtresse hein ! Tu sais qu’elle a notre numéro de téléphone, au cas où tu ne serais pas sage !

    - Rappelle-toi : tu plantes le bâton et tu sautes en prenant ton virage !

    - Et tu manges de tout, hein !

    - On t'a donné de l'argent de poche, mais tu n’es pas obligé de tout dépenser : il paraît qu’il y a tout sur place !

    - Promis, tu révises ton solfège tous les soirs, avant de t’endormir ! Tu as ton examen au retour !

    - Tu es sûr ? Tu as bien mis ton tee-shirt sous ton sous-pull ?... Garde ton sweat et ta polaire sur toi, on ne sait jamais, mais tu peux enlever ton anorak si tu as trop chaud !

    - C’est facile : ton ski aval, c’est du côté de la vallée, et ton ski amont, du côté de la montagne !

    - Tu peux changer de slip tous les jours, je t'en ai mis assez !

    - Attention, la chemise à fleurs que t'a offerte tata Yoyo, ne se lave qu’à la main !… »

    Mais la maîtresse, à l’avant du car, s'énervait :

    « Ce n'est pas possible !… Asseyez-vous tous, et tout de suite ! Je recompte... 25...26... et 27. Le compte y est. Pourtant je n'ai pas vu Baptiste...

     Baptiste ?... S’il vous plaît, Mesdames et Messieurs, est-ce que Monsieur et Madame Baumann sont là ?... Non ?... Mais je deviens folle ou quoi ?...

     Ah ! Ca y est, il arrive !... Vite, Baptiste, tu es en retard !... Comment ?... Mais non ! Ce n’est pas grave !... L’essentiel, c’est que, maintenant, tu l’aies, ta valise !...

    Mais... Je rêve ou ça fait donc 28 élèves désormais ! Il y en a un de trop !... Que dites-vous Madame ?... Hervé ?... Oui, il est dans le car...

    Hervé, il y a ta maman qui t'appelle !... Comment ?... Sa petite sœur ?... Hervé, ta petite soeur est à côté de toi ?… Comment ? Oui ?... Mais enfin, elle ne part pas avec nous, voyons, c’est n’importe quoi !... Allez, vite, la miss, redescends avec ta maman ! Tu as école demain !...

    Ouf ! L’erreur est juste ! Normalement, le compte est bon !…Ce n’est pas trop tôt !... Eh bien, il est l'heure… Les enfants, dites au-revoir à vos chers parents !… »

    Tandis que des écoliers agitaient les mains, que quelques-uns embrassaient la vitre en déformant leurs lèvres et leur nez pour faire des grimaces, le conducteur ferma la porte, avec un grand « pssscccchhiiittt » venant du circuit d’air comprimé, et un grand « pfffff ! » venant de son propre circuit pulmonaire. Son collègue prit place en claudiquant sur le fauteuil à bascule rabattu sur les marches et pesta :

    « Et nous ? Personne ne nous dit rien ?... Ils pourraient au moins nous souhaiter bon courage ! Eux, ça y est, ils sont débarrassés, maintenant !... Mais pour nous, c’est le voyage au bout de l’enfer, qui commence !... »

    Mademoiselle Le Guillou s'assit, ou plutôt s'affala dans le fauteuil du premier rang à droite en lâchant un sourire un peu forcé. Une once de regret passa furtivement dans son regard bleu pâle. Petit soldat courageux, elle se redressa cependant aussitôt et leva son pouce droit pour signifier aux géniteurs que tout irait bien, qu'elle maîtrisait parfaitement la situation, qu'ils n'avaient donc aucun souci à se faire…

     Thibault vérifia une Nième fois que son sac de voyage était bien sous le siège et que rien ne l'écrasait, puis il glissa à l'oreille de son copain :

    « Mon vieux Yannick, tu vas bientôt avoir la surprise de ta vie !… »

    *****

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